Symptômes, causes et diagnostic : les clés pour savoir quand consulter.
La cataracte est une opacification progressive du cristallin, la lentille naturelle de l'œil située derrière l'iris. Contrairement au glaucome ou à la DMLA, la cataracte est totalement curable par la chirurgie.
L'évolution est le plus souvent lente, sur plusieurs mois ou années. La vision devient floue, terne et avec une sensibilité accrue à la lumière. Il n'existe pas de traitement médical : seule la chirurgie permet de traiter la cataracte.
L'atteinte se fait le plus souvent au niveau des deux yeux, mais elle n'évolue pas nécessairement au même rythme de chaque côté.
La perte de netteté est le symptôme le plus fréquent et le plus précoce — comme voir à travers une vitre sale ou embuée. Elle n'est pas améliorée par de nouvelles lunettes : c'est un signe clé.
La diffusion anormale de la lumière dans le cristallin opaque provoque des éblouissements face au soleil, aux phares ou aux éclairages puissants. Des halos lumineux apparaissent souvent la nuit, pouvant gêner la conduite nocturne.
Les contrastes sont moins marqués, les couleurs paraissent jaunies, ternes ou moins éclatantes. Ce phénomène est souvent imperceptible au quotidien, mais révélé de façon frappante après la chirurgie.
Deux images superposées avec un seul œil (qui disparaît en fermant l'œil atteint) peuvent être perçues. Ce signe témoigne de la réfraction irrégulière à travers différentes zones du cristallin.
Nécessité de changer de lunettes fréquemment, sans amélioration durable. Un phénomène paradoxal est possible : amélioration transitoire de la vision de près (effet myopisant de la cataracte), permettant parfois de lire sans lunettes après des années de presbytie.
Sensation d'un voile permanent, d'une brume ou d'une tache grise fixe dans le champ visuel. À distinguer des corps flottants (myodésopsies), qui eux bougent avec les mouvements oculaires.
Cliquez sur un symptôme pour visualiser la perturbation visuelle correspondante.
Les causes sont multiples. La plus fréquente est le vieillissement naturel du cristallin, mais d'autres facteurs peuvent favoriser une apparition plus précoce ou une évolution plus rapide.
C'est le facteur principal. Avec le temps, les fibres du cristallin se modifient et deviennent progressivement plus opaques. La cataracte est particulièrement fréquente après 60 ans, mais peut survenir plus tôt.
Une exposition chronique aux ultraviolets (UV) sans protection oculaire peut accélérer la dégradation des protéines du cristallin. Le tabac augmente également le stress oxydatif et favorise le vieillissement oculaire.
Le diabète constitue un facteur de risque important : l'excès de sucre altère le métabolisme du cristallin et peut accélérer sa perte de transparence. D'autres maladies inflammatoires ou métaboliques peuvent également intervenir.
Les traitements prolongés par corticoïdes (voie orale, inhalée ou locale) sont connus pour favoriser l'apparition d'une cataracte.
Il existe aussi des formes traumatiques (après un choc direct sur l'œil), congénitales (présentes dès la naissance), ou secondaires à une chirurgie oculaire antérieure ou à certains contextes inflammatoires.
Le diagnostic repose sur un examen ophtalmologique complet.
L'observation du cristallin permet de confirmer l'opacification et d'en préciser le type : nucléaire, corticale ou sous-capsulaire postérieure. L'examen permet aussi de vérifier l'état global de l'œil.
Le seul traitement est la chirurgie de cataracte. Elle n'est pas urgente dans la grande majorité des cas, mais l'indication opératoire est posée dès que la gêne visuelle altère votre qualité de vie au quotidien.
Il est conseillé de consulter un ophtalmologiste dès que vous remarquez :
La nuit (éblouissements par les phares) ou le jour (vision insuffisante pour lire les panneaux). La loi impose une acuité visuelle binoculaire de 5/10 minimum pour conduire.
Difficulté à lire même avec des lunettes récentes, fatigue oculaire rapide, nécessité d'un éclairage très fort ou de tenir le livre très près ou très loin.
Baisse de la productivité, maux de tête ou fatigue visuelle en fin de journée.
Changement de lunettes sans amélioration satisfaisante ou correction instable depuis plusieurs mois.
D'autres maladies oculaires peuvent s'associer à la cataracte, justifiant la réalisation systématique d'un bilan pré-opératoire complet.
Une DMLA ou une membrane épirétinienne maculaire peut être associée à la cataracte. Ces pathologies sont dépistées par l'OCT maculaire pré-opératoire.
Le glaucome est une pathologie fréquente, que la chirurgie de la cataracte contribue le plus souvent à stabiliser.
En cas d'atteinte de la cornée, telle qu'une cornea guttata, des précautions sont prises afin de la préserver pendant l'intervention.
Références & sources médicales